vendredi 21 novembre 2008

Nouvelle vie ??? Pourquoi faire ?

Je ne désespère pas de reprendre une activité artistique proche de la peinture.

J’ai d’ailleurs, quand même, quelques travaux à mon actif et même si je trouve parfois que ce que j’ai produit depuis le début de ma maladie n’a plus la Force de l’époque. Je crois aussi que j’ai créé une image transcendée de l’époque de ma vie où je n’étais pas encore malade et je sais aussi que tout est encore possible.

D’autre part, je sais aujourd’hui que si je devais peindre pour manger, je ne pourrais pas faire ce que je voudrais car je devrais m’adapter à la demande de mes hypothétiques clients et faire des concessions. 

Je préfère donc assurer ma subsistance et celle de ma famille par mon travail dans le nucléaire, relativement bien payé, et garder mon artistique jardin secret.

Mon égo s'étant nettement amoindri en 23 ans de maladie (avec l’âge aussi), ma production modeste me suffit pour l’instant et, du coup, je n’ai guère d’état d’âme quand rien ne sort.

jeudi 26 juin 2008

Conseils à mon poto

Les dernières notes, commentaires et discussions échangés avec Egantique sur son blog et sur MSN, concernant le rapport aux autres lorsque, comme lui ou moi, on souffre de schizophrénie, m’ont donné envie de produire cette note :

" Egantique, tu te plains du fait que tes amis (même très proches) te laissent tomber.
C’est vrai que j’ai ressenti ce genre d’abandons lorsque j’étais seul entre les 4 murs d’une chambre d’hôpital psychiatrique. Solitude aussi, et souvent pire, après cela, quand il me fallait affronter la vie sans pratiquement aucun soutien autre que celui des structures médicales (psychiatres, psychologues, infirmiers, assistante sociale, centre de jour ...) et de ma famille proche. Solitude dans la tête surtout et ce sentiment abominable de ne plus avoir personne à qui parler, ni par qui être compris.

J’avais, contrairement à toi, Egantique, la chance d’avoir quand même quelques amis fidèles qui ne m’ont jamais laissé tomber même si, il faut bien le dire, je n’étais pas d’une compagnie très hilarante :  Jean-Marc, Gratien, les 2 Alain, Anne, Coco, Smartie, Jean-Pierre… Roger. Et quand la plupart avait déserté le navire, je me rends compte que ceux-là m’ont quand même soutenu dans l’épreuve de la maladie ne cherchant pas à comprendre ni pourquoi j’étais malade ni si j’avais une quelconque chance de rémission. Ils ont continué à être mes potes, tout simplement, me parlant comme si de rien n’était. Et de cela, je les en remercie.
Les autres comme ils cherchaient à m’analyser, voir même à me juger se sont vu renvoyer une image tellement inquiétante et incompréhensible de la situation qu’ils sont parti à jambes déployées. Je ne leur en veux pas.

Je crois que l’important dans l’évolution, plutôt positive, de ma maladie a été que vers 1991 (avec les retrouvailles avec Bilbo), j’ai pu couper avec mon passé et repartir vers de nouvelles aventures. L’important était de ne plus vivre uniquement par rapport au passé (même si il fait partie de mon histoire). Ne plus ressasser les temps glorieux d’une jeunesse définitivement perdue.

Ne pas non plus imaginer, poto, la vie qu’on aurait pu avoir si il n’y avait pas eu la schizophrénie.

Il est des accidents de la vie qui la modifient définitivement, je pense que cela aurait été pareil pour n’importe qu’elle maladie ou accident graves.

Que devrions-nous dire, Eg, si aujourd’hui, nous nous retrouvions para ou même tétraplégique ?

Si tu veux t’en sortir un jour, il faudra que quand tu rencontres des gens, tu ne mettes plus en avant le fait que tu es schizophrène. La schizophrénie n’est pas notre personnalité mais juste une de ses composantes. Elle est aussi de ces mots (maux) qui font peur et qu’il vaut mieux, dans un premier temps, ne pas prononcer."