dimanche 4 mai 2014

« Au fond, je suis nul ! »

Les personnes (dont je pense faire partie) qui s'auto-dévalorisent en permanence souffrent de carence narcissique.

Le narcissisme, dont on parle beaucoup, a souvent mauvaise presse. On évoque, et parfois de façon abusive, le pervers narcissique, qui considère l’autre comme un objet manipulable au gré de son bon vouloir et qui va le soumettre dans une évidente jouissance. De celui ou de celle qui ne va faire que tourner autour de son nombril, parler de sa petite personne, qu’il trouve d’ailleurs très grande, on dira qu’il est d’un narcissisme exaspérant. Dans notre vocabulaire courant, la connotation péjorative est évidente. Elle est associée au mythe du même nom,  Narcisse, si fasciné par son reflet dans l’eau qu’il ne s’intéresse à rien ni à personne et finit par s’y perdre.


Et pourtant, si l’excès de narcissisme verse du côté de la pathologie, une dose suffisante d’amour de soi est indispensable pour affronter les autres et le monde extérieur en général, sans s’effondrer à la moindre épreuve, baisser les bras devant les difficultés ou avancer mais dans le doute et la crainte.

Cet amour de soi se construit dans l’enfance.  Ce sont les parents qui aident l’enfant à construire, tout au long de son développement, une image de lui suffisamment bonne et qui vont lui permettre de se reconnaître une certaine valeur.

Dans la toute petite enfance, le nourrisson doit pouvoir ressentir à travers les soins qui lui sont prodigués et dont il ne peut se passer, qu’il est aimé par ses parents, que sa présence les réjouit. Une mère qui serait déprimée par exemple, va sans doute assurer les soins nécessaires, mais sa tristesse et son angoisse vont l’empêcher d’y prendre un vrai plaisir, et cela va « manquer » à l’enfant qui le ressentira.
Plus grand l’enfant se sentira « valeureux », si on lui accorde un temps suffisant, une place, non pas exclusive et surdimensionnée, mais néanmoins réelle, celle d'une personne à part entière.

Les enfants qui ont une bonne image d’eux-mêmes, sont des enfants qui sont regardés pour ce qu’ils sont et non pas pour ce que l’on voudrait qu’ils soient. 
Pas si facile ! Surtout à une époque où le culte de la performance est si fort.



Difficile de se sentir de la valeur quand on est face à 
des parents qui ne s’en sentent aucune !

1 commentaire:

francesca albini a dit…

Article très touchant! Je te rejoins totalement. Beaucoup de choses se construisent inconsciemment et tout le travail intérieur consiste parfois à réparer les blessures, les manques d'amour que l'on traîne depuis notre naissance. Le corps emmagasine tout!