dimanche 25 décembre 2016

SCHIZOMANIES - Réécriture du blog

Je n'avais pas donné de signe de vie depuis longtemps tout au mieux quelques liens de temps en temps, je ne savais plus où j'en étais vis à vis de mon étiquette de schizophrène.

Partagé entre honte et culpabilité, ma vie entière a été modifiée par l'implacable diagnostic: " FOU ".

En admettant que ce qui nous ne nous tue pas nous rende plus fort, je n'ai jamais pu trouver d'aspects positifs à cette maladie sauf celui d'avoir développé en moi de belles ressources pour survivre en milieux hostiles.

Au moment de la première injection, il y a 31 ans, peut-être même avant, ma vie a été réécrite pour foirer de toute façon. J'ai été maltraité par les institutions, par mes supérieurs hiérarchiques, par certains de mes collègues, par mes parents, par certains qui se disaient être mes amis. J'ai surtout été maltraité dans mes sentiments et mon amour-propre, je crois.

La société pour laquelle je bosse va tellement mal, qu'elle a dû mandater une psychologue du travail pour gérer notre malaise professionnel. Cette dame, que je ne peux que remercier, en me parlant des théories de Palo Alto et de la Double Contrainte, a commencé à changer ma vision sur mon propre parcours puis l'équipe de C3R a continué le boulot. Merci à elle.

Depuis, une relecture  puis une réécriture du blog entier s'imposent au regard du changement de lecture de la pathologie et de ma manière de l'analyser.




Par honnêteté et parce que ce que j'ai écrit, je l'ai cru vrai à ce moment précis, il ne s'agira que d'une correction en rouge de mon brillant parcours en psychiatrie. Il vous faudra donc remonter le temps et le flux de ce blog pour comprendre la chose fondamentale qui m'a libéré, d'abord, de mes croyances, et ensuite de la schizophrénie.

Après un arrêt de 2 ans de tout médicament antipsychotique, le mois de février 2017 fut celui de la rechute suivie d'une brève ré-hospitalisation.

mercredi 9 novembre 2016

Ce monde parfait !

« Il faut mettre la société au service de l'école et non pas l’école au service de la société » disait Gaston BACHELARD. Pourtant, aujourd'hui, l’école nuit au développement personnel des enfants. Elle prône, de plus en plus tôt, une mise en phase avec un model unique, vise l’optimisation de la performance et laisse de moins en moins de place pour la réflexion, le sentiment et l'expression.

Juddu Krishnamurti
Formater les enfants pour en faire de bons conso-acteurs et appeler cela l’ « intégration sociale » est une supercherie: Le moule scolaire interdit toute dérive idéologique autre que celle qui prône l’ultralibéralisme à tout crin et la consommation de masse.



L'Histoire, la Philosophie, les Arts ou la Littérature ne seront bientôt plus dispensés dans les écoles car ces matières peuvent éveiller la curiosité des plus jeunes et risquent, par la suite, d'en faire de vilains réfractaires.

La différence, cette source d'inspiration et de créativité, pourtant tellement vitale pour changer ce monde en pleine déliquescence, n'est plus admise.

Les restrictions imposées aux enfants font parfois penser que l'autisme serait une réponse presque reptilienne du tout petit face à l'agression sauvage dont il est victime. Avec son classique repli vers un monde personnel meilleur, l'autisme serait, alors, le premier refuge de la conscience naissante.
Accepter ou pas un monde qui place l'argent, le pouvoir et la violence comme les plus belles des valeurs est une option de vie que l'on devrait pouvoir mûrir librement. Ce choix est pourtant interdit et est même répréhensible. Les programmes de l'Education Nationale sont obligatoires jusqu'à l'âge de 16 ans . Ne pas y adhérer est un pari dangereux où le jeune adulte insoumis risque de se voir renvoyé sur le banc de touches de manière violente et rapide.




La loi et la justice protègent la société contre ceux qui ne se conforment pas aux règles imposées par les plus puissants. La sanction la plus courante demeure l'emprisonnement mais, de tout l’arsenal juridique, les soins psychiatriques sans consentement et plus particulièrement l’hospitalisation d’office (appelée aujourd’hui « soins psychiatriques sur décision d'un représentant de l'état ») sont les plus abjects. Sous prétexte d'une déviance, ils répondent, à l’avance, et souvent arbitrairement, à une éventuelle mise en danger du système par ceux qui pourtant le constitue et pourraient même le faire évoluer demain.

« Sur le fondement d'un certificat médical circonstancié émanant d'un psychiatre, le préfet prononce par arrêté l'admission en soins psychiatriques d'une personne dont les troubles mentaux nécessitent des soins, compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l'ordre public », ainsi, sans qu’aucun reproche ne puisse lui être fait, hormis celui de ne pas penser « comme il faut », les psychiatres, souvent avec l’aide de la police, se chargent du sale boulot et de la « reconduite dans le droit chemin » et de faire ré adhérer le déviant au modèle. La psychiatrie est le bras séculier des lobbies et des politicards. Elle incarcère et reprogramme les plus rebelles d'entre nous sous prétexte, qu’un jour, ils pourraient être dangereux. 


Quand le dispositif psychiatrique se referme, nous comprenons que nous venons de nous faire prendre et que notre calvaire durera jusqu’à la mort. Notre vie sera différente de celle que nous projetions et notre destin sera bouleversé.

Plus nous nous agiterons, plus nous protesterons, plus nous tenterons de nous justifier, plus violente sera notre souffrance.

De la contention aux neuroleptiques, l’arsenal barbare de la psychiatrie est vaste et puissant.
Les plus rétifs, mutilés par l'ablation d'un bout du cerveau, seront définitivement transformés en de dociles légumes. Malgré toutes les croyances, la lobotomie est toujours pratiquée. La recommandation 1235 de 1994, relative à la psychiatrie et aux droits de l’homme (Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe) l'évoque et stipule d'ailleurs qu’elle, et la thérapie par électrochocs, peuvent être pratiquées « si le consentement éclairé a été donné par écrit par le patient lui-même ou par une personne choisie par le patient pour le représenter, un conseiller ou un curateur et si la décision a été confirmée par un comité restreint non composé uniquement d'experts psychiatriques ».




S'il faut quelques fractions de secondes, et un verre d’eau, ou le temps d'une injection, pour commencer un traitement par neuroleptiques mais, après, il sera pratiquement impossible de l'arrêter.

La rechute inévitable qu’entraînerait l'arrêt du traitement est l'une des nombreuses épées de Damoclès brandies par le personnel des hôpitaux psychiatriques. L'est aussi celui de l'instauration d’un état de pathologie chronique. Ainsi effrayé, le patient ne pourra qu'adhérer au programme de soins. Comme révélée, il y déjà longtemps, par Henri LABORIT ou Stanley MILGRAM, parler de « neuro-plasticité provoquée » pour créer la soumission n’est pas aberrant. 
La perte de confiance en soi provoquée par l'autoritarisme abusif des personnels de santé trouve ses fondements dans la peur, la menace et l’infantilisation avec tout un contingent de phrases et de gestes qui seraient presque anodins dans un autre contexte mais qui sont là autant de " micro-violences ". 
La chambre d'isolement est une brimade courante. 
La contention fait qu'à cause du manque de personnel, le patient peut se retrouver sanglé sur un lit pendant plusieurs semaines. On lui mettra une couche culotte ou une sonde urinaire et on lui injectera un produit anticoagulant chaque jour. 

La description d'un futur, de toute façon pourri, peut aussi conduire certains patients au suicide. Les psychiatres, bien sûr, diront, alors, que c'est à cause de la dépression liée à la maladie. 

Dans la société, le lien social n'existe plus. Les rapports y sont de plus en plus superficiels et les contraintes de plus en plus fortes mais c'est bien pire dans les institutions. Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance dans les hôpitaux psychiatriques que peu arriveront a y supporter un séjour. Le dictât des autorités est tellement illégitime qu'il ne peut être qu'abusif. 

Soit tu adhères à cette société, soit, comme tu ne peux la quitter, la psychiatrie t’en éliminera, sans aucune concession ni le moindre regret ».    

jeudi 3 novembre 2016

Méditation et schizophrénie :

Il fut une époque, récente, puisque je l'ai connue,  où les personnes suspectées d'être atteintes de maladie mentale se voyaient interdites de pratiquer méditation, sophrologie ou relaxation.

Pour le personnel de soin, la psychose aurait pu resurgir, tel un diable de sa boîte.

Chercher la guérison est pourtant empreint de moments où il convient au sujet de mieux se connaître et d'explorer les sinusoïdes de son cortex.

Même si je pratiquais de manière empirique plusieurs formes de méditations, et enfant, l'auto-hypnose. Pour ne plus mentir aux praticiens, connaissant leur opposition systématique à ces techniques, il était temps, pour moi, de prendre la chose vraiment au sérieux. 

Le 3 novembre 2016, avec l'aide de Laurent BERTHE., mon référent à C3R, je commence enfin la MÉDITATION PLEINE CONSCIENCE. 







 

samedi 30 juillet 2016

Émotion piqûre !

Le plus grand effroi de ma  vie fut celui que j'ai connu quand la police et les psychiatres m'ont enfermé et définitivement placé en marge de la société.

Les neuroleptiques sont parmi les pires des drogues car, comme la lobotomie, ils privent de toute sensation, de tout sentiment. Pourtant, ils me sont nécessaires.

La schizophrénie a ce prix.

lundi 4 janvier 2016

" Déviants " en termes sécuritaires :



Quand, dans le DSM-5, la psychiatrie abandonne les sous-types de la schizophrénie, elle globalise les troubles mentaux, et "invente" aussi des terroristes.